Compagnie Littéraire 

                                  du Genêt d'Or

                       Genêt d'Or et Tradition

La tradition de la Reine, ou plutôt la Reine de la Tradition apporte à la Compagnie Littéraire du Genêt d'Or une toute autre dimension que celle d’une simple association de poésie, et qui lui est spécifique.

   D’aucuns ont insisté sur le caractère éphémère de la Reine, en évoquant la Reine d’un jour ‘ Mutatis mutandis’, il semblerait qu’il y ait une confusion fâcheuse avec sa majesté carnaval. Au-delà des barrières du temps et de la condition sociale, les sourires sans cesse renouvelés dessinent la chaîne joyeuse des reines qui s’unissent dans le symbole de la Reine matérialisant à la fois l’inspiration de la Muse et l’intuition d’Isis. La couleur blanche du vêtement de la Reine et de ses deux Demoiselles d’Honneur connote l’idée de pureté et renforce le parallélisme avec la Vierge égyptienne. La Reine, accompagnée de ses Demoiselles d’Honneur, représente par la valeur du nombre trois la manifestation concrète de l’intuition poétique.

   Si elle donne ses lettres de noblesse à la cérémonie des Jeux Floraux, c’est d’une noblesse de cœur qu’il s’agit. Par le biais de l’alchimie poétique, le candidat n’est pas le serviteur d’une noblesse de cour mais il est convié à se mettre au service d’un art royal. Si le terme ‘Jeux’ insiste sur le double aspect ludique et créatif, l’idée de fleur, contenue dans ‘Floraux’ et concrétisée par la récompense suprême du Genêt d’Or, met en relief l’épanouissement dans la réalisation poétique. Aussi, les Jeux Floraux perpétuent-ils la Grande Tradition puisque le lotus égyptien, la rose alchimique et le genêt d’or participent du même symbolisme. Tout en filant la métaphore de la fleur, il convient de souligner l’élan dynamique mis en œuvre par la Compagnie Littéraire du Genêt d’Or pour favoriser l’éclosion des jeunes talents poétiques.

   Le travail du poète sur la langue et sur lui-même s’identifie à une remontée vers la source. C’est pourquoi la journée des Jeux Floraux, choisie au mois de mai, mois de la Vierge, qui met en évidence les thèmes corollaires du printemps et du renouveau, l’invite-t-il si l’on peut dire, à se ressourcer.

   Cette journée est jalonnée par quatre étapes :

La première, la messe, point de départ de la quête grâalique des chevaliers, si l’on se réfère au cycle arthurien, marque une coupure avec le monde profane et introduit la notion de sacré. Elle met l’accent sur le recueillement et le désir de communion de l’homme avec son être intérieur.

   La deuxième étape, la cérémonie de remise des prix, effectuée selon un rituel précis, permet au lauréat qui a atteint une certaine maîtrise poétique, de se situer au centre d’un carré formé par la Reine et les Demoiselles d’Honneur, les côtés français et catalans et le public. Durant la lecture de son œuvre, le lieu où souffle l’esprit poétique est orienté symboliquement de la Reine vers le public par l’intermédiaire du poète. Au centre de sa quête intérieure, le poète parvient à une connaissance supérieure qu’il partage fraternellement avec le public.

   La troisième étape, l’Hommage rendu à ‘l’Avia",  l'aïeule catalane, traduit le passage circulaire d’une tradition particulière à la Grande Tradition et indique l’action vivifiante et intarissable de la source poétique.

   La quatrième étape, la Cour d’Amour, offre une place privilégiée à la reine et constitue un creuset, où fusionnent les thèmes de la joie, qui ‘ abellis, melhura, enansa, esmera’ (embellit, rend meilleur, fait progresser, épure),  la jeunesse qui n’en finit pas de refleurir,  et du fin’amors, du noble amour, dans l’alchimie de la poésie.

   Il serait paradoxal de conclure cette brève approche de la Symbolique de la Reine du Genêt d’Or puisqu’elle suggère une fontaine d’éternelle jouvence qui coule sans cesse. Aussi est-il préférable d’évoquer la Cour d’Amour à travers ces quelques vers d’Uc de Saint-Circ, troubadour du treizième siècle :

                              ‘ Être amoureux, c’est tendre

                                         Vers le ciel

                                 À travers une femme’

 

(Texte de Jean-Claude Payre)

 

Outil gratuit et accessible à tous

J'y vais

Hommage  de la Reine à L' Ávia